Narcose

Do you remember the daze ?
GusGus, Crossfade

Essuie le sang
Celui qui descend
De l’index, sur ton visage

Respirez lentement
Sous le flot
Onctueux et sévère
Des yeux clos
A la commissure finie

Au pli de l’âme
Qui a débuté
Mon sommeil

Qui l’a aussi coupé
Qui l’a effaré
Et qui le fait aussi rôder

Car je sens le ressac
Vermeil et parfois tiède
Sous la pierre, entre ses yeux

Qui sont bleus, noirs ou vieux
La lie du calice, le couteau
Qui m’empêche de sombrer

19-22 xii 2014

Ville

C’est l’heure où l’on guette
– On ne voit plus le ciel –
Les lucioles et les murs vides

Le silence fade
Des lumières vives
Bleu, vert, rouge
Et l’orange incertain
Presque de l’eau

C’était le moment
Ou l’on trébucha
Sous le front vert
Des cyclopes torves

L’heure où la nuit
À soudain une odeur
Où commençait bientôt
Le rebut du repos

31 v-16 vi 2014

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Maybe

Si jamais
– Tu devrais moins douter –
Je choisis que
Tu ne restes pas
La main sur ta joue

If ever
Ton ombre
La tristesse
The shallow bay
Of the pillow’s blood

Si jamais
Dénouer les yeux
Mordre la paupière
Tailler la douleur
De l’orbe pleine

Si j’avais
La rétine brune
Le pli mate
De la chair mue
Le corail

Si j’aimais
La pointe du compas
Qui dessinait le cercle
De craie noire
Le premier âtre

Aurais tu
La famine abstraite
Qui m’engorge
L’obscure insomnie
De mes doigts ?

7-8 juillet 2014

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Eaubscure

 

J’ai teins la nuit

Bleue comme un agrume

 

Une commissure

Dans l’ombre

Où s’affaisse

L’argent blanc

 

Écouter lentement

S’allaiter le sommeil

Vers la lumière

 

Demeurer aussi

Dans la gencive

Une lame

 

L’ardent sanglot

Etrange lacet

Autour des paupières

 

Ne laisser

Que points bleus

Immuables

Sonner le triangle

Les cordes et l’eau…

 

L’écorce vive

Du fruit

L’imagination

 

De la lourde pulpe

Qui, étonnante

Nous tend

 

20 v-19 vi 2014

 

Letting Go

For the Mice, the Sky & the Moon

 

Lumière violette
Légèrement mauve
Bleu de chlore
Bleu de Chine
Bleu de noir
Et de joie
Gaze légère violacée
Vaguement orange
Que scintille la ville
Que monte la marée
Électrique
De tous ces pas
Ces blancs visages
Et autres peaux diaphanes
Que monte la nappe aux doigts
Que s’enroulent sur les lèvres
Des souvenirs absents
Que l’eau n’a pas l’heur
De son mal
Que tourbillonnent les feuilles
Que s’annonce le vent opaque
Enveloppe le bris de la ville
Que surgissent des arbres nus
Candélabres osseux
Maigres et d’argent

25-26 xi 2012