Hier

Il y avait des jours encore où l’œil retrouvait sur cette terre poncée et usée par la familiarité de tant de paumes les escarres et les cicatrices du feu
J. Gracq, Les terres du couchant

Ce demain
Que j’attendais
C’était hier

C’était
Ce n’est plus
Désormais, un souvenir
Ou une trace

Hier,
J’ai arpenté
Par le sable pressé
Et la lumière
Du couchant
Illimité
Hivernal

J’ai, marché,
Et remâché
Rôdé et hésité,

J’ai fais le tour
Rapide, d’un cœur
Qui change certes
Moins vite

Mais j’ai pris la fuite
À la perpendiculaire
Du sous-sol

Une double fuite alors

C’était hier
Un jour sans
Lendemain
Sans faim
Et décédé
Sous mes pas

J’étais hier
Ce qu’aujourd’hui
Je peine
À être

Hier, j’étais à l’ouest
Et jetais le temps
Dans l’ombre noire
Qu’on ne voit pas
Ce dos qui me suit

Quand même
Comme demain,
L’hiver

29 xii 2014-31 i 2015

Vitrine

Cette pointe noire
Qui ne te regarde pas
Cette pointe de ton regard

Cachée sous le visage
Blafard qui te toise
En dehors du temps

Que naguère tu sentais
A l’extrême de ton souffle
Sur la peau iroise

Cet amour de ta main
La fleur du sel
Dans le sillon

Elle ne montre rien
C’est toi qui regarde
Brûler la glace

« Quand je sens la peur
Perdre ton sourire »
Alexis HK, Le dernier présent

1-4 xi 2014