Bijou

La tête enfuie
Dans le pli rêche
Et un peu froid

Les bras lourds
La peau dure
Et sans répit

Je m’asphyxie
De musique
Pour écarter la nuit

Songeant à la douleur
D’icelle pour être regardée
Perchée et tremblante

Aux visages que j’aime
Brouillés par l’absence
Ou dissous par l’aimant

Me hante un souvenir
Imprécis que j’ai écris
Et que je ne retrouve pas

La beauté qui
Ôtée de la fatigue
A brisé mon regard

Finalement
M’étreint
Dépité

14-15 X 2014

Triangle

 

L’orgueil au couteau
Qui nous déchire, nous déchire le dos
J.-L. Murat, Brûle-moi

 

Souvent
Retombe le poids
Inentamé

La souveraine gloire
Du passé nu

Ces bleus
Infiniment bleus
Qui se froissaient

Quand il pleut
À l’ombre de l’eau

Parfois renaît
L’envie de courir

De prendre
Ses jambes
À mon cou

De n’être plus
Une pierre oriflamme
Dans la ville obèse

Longtemps
Rêver être
L’abat-son

Des paupières
De sa voix

Le grésil tiède
Ce qui reste après
Que le temps a passé

 

30 VI-1 VII 2014

Sceau (3)

Image

 Que le soleil nous plombe
Qu’il brûle enfin

[…]

Que la nuit nous inonde
Un beau matin

F. Marchet, La dernière seconde

 

 

Trois chaises,
Ma vanité
Plus une,
Ma dissémination

Tant j’attends
Avec obstination
Ce qui ne vient pas

La lune à moitié nue
Mure et blanche
Est au seuil
Derrière les volets

Et la fatigue
Frotte lentement
L’acuité de mon orgœil
Le spectateur de l’âtre

La nuit se parle
Dans un livre bleu
La musique synthétise
Les rêves solitaires
Désemparés au réveil

Grand ou petit
Le A est la
Dans cette loi
Du regard

Dans la corolle
Ou ploie
L’obscur

 

8-11 juin 2014

F/Loi

Pour F. M.-D.

 

 

Maintenant la fatigue avait disparu
et il ne restait que la beauté

M. Kundera, L’insoutenable légèreté de l’être

 

 

 

 

Se pose
Mon regard
Sur la foudre
De ses yeux

Sur l’aménité
Violette
Qui brûle
Le pourpoint

De ma parole
Crispée
Dans l’onde
De mes mains

Déposer
Mes lèvres
Amères
Dans le creux

En haut
De la commissure
Vers l’âtre
Et la rosée

Le sable
Où s’enivre
Et se tord
Mon envie

Fou deviens-je
De l’absence
Tant je meure
De l’obstinée

Patience
De la pureté
De son nu-né

Du carmin
Qui entoure
Ses mots

29 ii 2012

Ébauche

La glace n’est pas votre élément
et vous brûlerez sous le regard ému de l’amour
M. Darrieusecq, Clèves

Peut-être faut-il quitter
Le corps de son ennemie ?

Passer derrière les choses
Courir dans l’ombre

Se dessaisir de la soie
Déchirer l’invention

Recueillir le trouble
Sans férir l’oubli

Continuer dans l’a-moitié
Prolonger l’aube

Demeurer, opiniâtre,
Le tain de l’autre

La division des lèvres
Le poisson de la lune

Répondre
Et crire, crier et croire

30-31 v 2014