Hier

Il y avait des jours encore où l’œil retrouvait sur cette terre poncée et usée par la familiarité de tant de paumes les escarres et les cicatrices du feu
J. Gracq, Les terres du couchant

Ce demain
Que j’attendais
C’était hier

C’était
Ce n’est plus
Désormais, un souvenir
Ou une trace

Hier,
J’ai arpenté
Par le sable pressé
Et la lumière
Du couchant
Illimité
Hivernal

J’ai, marché,
Et remâché
Rôdé et hésité,

J’ai fais le tour
Rapide, d’un cœur
Qui change certes
Moins vite

Mais j’ai pris la fuite
À la perpendiculaire
Du sous-sol

Une double fuite alors

C’était hier
Un jour sans
Lendemain
Sans faim
Et décédé
Sous mes pas

J’étais hier
Ce qu’aujourd’hui
Je peine
À être

Hier, j’étais à l’ouest
Et jetais le temps
Dans l’ombre noire
Qu’on ne voit pas
Ce dos qui me suit

Quand même
Comme demain,
L’hiver

29 xii 2014-31 i 2015

Acte (V)

Calme-toi, visage embrasé. Je suis là.
Pas d’arrachement.
Je t’attends dans la douceur…
Je t’attends

H. Michaux, L’espace aux ombres

Je vois le brouillard
De l’ombre
Le marbre de l’eau
Le geste long
De la plante animale
Le visage de la pluie
La peau qui déborde
En haut des seins
La hache du regard
Noyé dans l’onde
Verte de soie
Caché dans la terre
J’allonge l’infini
Je le caresse
Mais le mords
Turbulent
Il renaît
S’en va
Et renaît
Et je me retourne
Au brouillard
19 vi 2014

Image

Four acts à-la-mescaline, with Henri Michaux
http://jepluriel.wordpress.com/2014/06/18/four-acts-a-la-mescaline/

Letting Go

For the Mice, the Sky & the Moon

 

Lumière violette
Légèrement mauve
Bleu de chlore
Bleu de Chine
Bleu de noir
Et de joie
Gaze légère violacée
Vaguement orange
Que scintille la ville
Que monte la marée
Électrique
De tous ces pas
Ces blancs visages
Et autres peaux diaphanes
Que monte la nappe aux doigts
Que s’enroulent sur les lèvres
Des souvenirs absents
Que l’eau n’a pas l’heur
De son mal
Que tourbillonnent les feuilles
Que s’annonce le vent opaque
Enveloppe le bris de la ville
Que surgissent des arbres nus
Candélabres osseux
Maigres et d’argent

25-26 xi 2012