For

Just follow your eyes

The Cure, A Forest

L’infini
Se plante
Sous la peau
Au-delà de mes mains

L’infini
Sa plainte
Dans mes oreilles
Jette son écot

L’infini
Est un angle
Qui me pince
Une plinthe
Dans les reins

À l’horizon
Qui s’orange
Avant le crépuscule
Je cherche
Le début et la faim

31 VIII 2014

Voyage

La main
Entre les jambes
Serrées au cou
De l’âme légère
Du vent

Le temps
Est lent
Et balancé
Par le soleil
Qui frétille

Dans les feuillages
Verts et noirs
Qui bordent
Le regard
Coule le monde

Se dévide la terre
Effarée parfois
Sous le poids
De l’ombre soudaine

Et l’on revient
Au duvet soyeux
À ce grain moutonnier
En même temps
Que le paysage
Allonge la pointe
De mes yeux

Et l’on revient
Aussi à l’ourlet
À la géométrie
Aux formes pleines
Et muettes

À ces frontières cillées
Vestiges du futur
Hallucinées
Sur le grand béton
Froid, ou je crois,
Je n’irai pas

29 VIII 2014

Last this day

Savoir qu’on n’écrit pas pour l’autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne le feront jamais aimer de qui j’aime, savoir que l’écriture ne compense rien, ne sublime rien, qu’elle est précisément là où tu n’es pas – c’est le commencement de l’écriture.
Roland Barthes, Fragments d’un discours amoureux, Paris, Le Seuil, 1977, p. 116.

collage

Amoureux solitaires (Jacno /+ Daho) « Dis moi que tu m’aimes »

Leslie Kaplan, Déplace le ciel (POL, 2013)

p. 25 : je les regardais, j’étais pétrifiée, immobile
envie pure
envie blanche
une statue de sel, une statue de sable
je ne pouvais pas arrêter de les regarder

je les regardais et je me désintégrais

p. 30-33

p. 49 : oui qui rêve quand je rêve ?

p. 81 : l’accent c’est la trace du corps
dans la langue – je songe au souffle rauque

p. 88 : les mots, à quoi ils me servent ?

p. 103 : « la route s’ouvrait
les voies ferrées partaient dans tous les
sens »

p. 125 : je cherche Léonard mais ce que j’éprouve est
différent