Ébauche

La glace n’est pas votre élément
et vous brûlerez sous le regard ému de l’amour
M. Darrieusecq, Clèves

Peut-être faut-il quitter
Le corps de son ennemie ?

Passer derrière les choses
Courir dans l’ombre

Se dessaisir de la soie
Déchirer l’invention

Recueillir le trouble
Sans férir l’oubli

Continuer dans l’a-moitié
Prolonger l’aube

Demeurer, opiniâtre,
Le tain de l’autre

La division des lèvres
Le poisson de la lune

Répondre
Et crire, crier et croire

30-31 v 2014

Sala



Pourquoi le lait
Qui doucement s’ébroue
Sous le poids bleu
Dune chaleur qui feule
Soudain semporte

Et cette langueur
Pâteuse et sourde
Ce ruban de Möbius
Qui enveloppe
Les lèvres

Comme la musique
Entoure mes yeux
Et capte les oreilles
Qui redoutent le silence

S’égrène
Une pâte brune
Et ductile, feuille de métal
Qui glisse et résonne
Dans mon palais

Je bois la brûlure
Chaude et brune
Qui m’endors
Et me conduit
Au méandre

Aux plis infâmes
De la mémoire
Aux zestes
De lancolie

15 i 2014


Serpent

Je marche
Vers le soleil
L’onde blanche
Qui rougeoie
À l’ouest des lèvres

Je croise des pieds idiots
Plein de chien et de tristesse
Perpendiculaires à l’arc noir

Bercé dans un bateau sans eau
Plinthe de bruit et de fureur
D’une joie inquiète, il erre

Mais le rougeoiement à cessé
Et l’air est blanc désormais
Fragile à la commissure de l’œil
Opale naissante

Le bateau serpente maintenant
Frayeur sous la lune
Vers la lumière de l’aube
La pluie rose ajourée

Qui s’effleure,
Qui s’effleur
Qui s’effleu
Qui s’effle
Qui s’effl
Qui s’eff
Qui s’ef
Qui s’e
Qui s’
Qui s
Qui
Qu
Q


14 v 2014

Victorialand

J’ai laissė filė la lune
Fine comme l’air
J’ai oubliė le lais
La voix céleste
La pluie qui tourne
Une roue qui brille
A mes oreilles
Éprises de fatigue
Elles boivent l’argent
 Des doigts absents
Je cherche l’eau
Le calme paresseux
Qui se délaite
En peignant le sommeil
Qui doit venir
Le vertige syncope
Au battement sourd
En trois temps
Toujours le triangle
La nuit
La peau
La lumière
6 v 2014