Givre

La lune
Une peau, nue
J’entends l’eau
Le pouls et l’odeur
Des arbres brillants
Et humides
Je goûte le bleu
Autour de ses doigts
Le bleu de ces lèvres
Le balancement
De la brume
Dans les yeux
Je mange
Crûment
Ses griffes rouges –
Sont-elles irréelles ? –
Sur la laine
Affamante et noire
Je mords
La pommette
Et le nez
Qui se dérobent
À mes dents glacées
Je bois
À pleines enjambées
La détresse et la distance
Soyons ivres
Courrons dans la nuit
28 i 2013

Vieillir

Les larmes, recueillir
La rosée de mémoire
Des visages aigus
Où s’annonce
La beauté de l’avenir

Le temps ineffable
Qui glisse sur les lèvres
Comme des lames
Mûres et noires

Bleuté

Allonge sur un lit bleu
L’oreille collée au silence
À la musique de l’absence
Aux plis de la nuit
Qui se froisse
Sur ma peau
Vive comme une chaux

Conte les pas
De ces doigts
Qui nexistent pas

Respire le lait
Bleu de leau-rigine
L’effluve de Morphée
Et me dissous dans le rêve
D
une caresse, un murmure
Sur les lèvres, un souffle
Au cœur, une carence
Qui rayonne

L’orbe bleuté
Qui m’encercle
Et me porte
Une houle
De silence
 

8-9 i 2013