Rosée

Rosée
(Le plaisir des cendres II)

Car la beauté est là où l’œil se repose

J. Brodsky, Acqua Alta

Tu éclos 

Inattendue et souhaitée 
À l’orée de mes pas
De ta présence
Je m’envahis
Et m’exhausse
Je vois l’aube sur ta joue
La rosée carmin qui scintille
Et divague sur le pli étouffé du regard
Lourd encor d’une béatitude sourde
Sur les dunes émues des paupières
Sévèrement ceintes d’un geai
Qui s’égaye et se noue
Au faîte de la nuque
Ductile, ta rosée me carmine
Flue et m’encalmine
Ta mutité m’enchante
Tandis qu’une sourde asthénie
Harasse chacun de mes pas 
J’oscille et je vacille 
Tu es la cillation 
Qui me dévaste 
Me ravit et m’exalte
 
11 x 2007-31 iii 2008