Notte

Et ils monnaient la pluie
Et nous faisons l’amour
Dominique A, Le commerce de l’eau

 

Deux doigts sur le fer
Les mêmes sur les lèvres

Puis vint la pluie
Qui me froisse

Et avant
La peau nue
Étendue sur le drap
Comme une nappe

Plus tard, le soupir,
Le sommeil et l’attente
Le triangle de l’eau

Les yeux blancs
Le sexe à la main

Toujours la lumière
Jaune, qui mord
Le sable, le sel

J’entends le son
La bouche, le cri
L’effroi

26 vi 2009

Vivaldi – Nulla in mundo pax sincera (RV 630)

Paume

Commissure
Qui me fend
Pli vestigial

Vaste soupir
Qui se dessine
Et se dissipe

Entre le cœur
Et la voix

Rêver
La paume
Au creux
Essentiel

Appliquer
Les doigts
Au bord
Du vide

Remplir
Les mains
Du poids
De l’avenir

Vivre
À l’arythmie
Des aiguilles
Qui tendent
Mes lèvres

Suspendu au nœud
De l’éternité
Des cendres
Suis la glace

24-29 vi 2009

Recoil – Allelujah

Abstrait

Dominique A – Rouvrir

Où donc je suis
Absent ou pendu
Avec ce frisson
Un sang d’effroi

Je glisse dans les rues
Et compte le temps
Le dos de mon passé
Qui me sépare de lui

Ma vie est abstraite
Derrière une vitre
Retenu au temps
Qui m’écoule

Une faille qui me clôt
S’enroule sur les lèvres
Au silence et à l’envie
Une glace me brûle

Le regard et la peau
Alcaline qui se jette
Violente au néant

9-29 vi 2009

Sceau (1 & 2)

I

Tâche brune
Comme la prune
Tu es le grain
Le munificent raisin
L’âtre brun

Tu es le calme et l’essence
L’oubli vertigineux
Le repos et l’affable
Le galbe fastueux
L’angoisse palpable

Le sceau blême
De mon carême

28-31 III 2008

II

Qu’est-ce que cette chose affamée, au-delà même du désir ?
A. Ernaux, Se perdre

C’est une pomme ou une poire
Une fraction d’éternité
Qui fond sans se perdre
Dans la paume de ma faim

C’est le galbe mûr et blanc
Un étang plein de passion
L’ivraie de mon sépulcre
Le fruit gorgé d’ivresse

C’est la volupté carnée
La chaleur de l’effroi
L’étourdissante étrave
De mon tumescent regard

3-4 IV 2008

New Order – Elegia